Parmi toutes les espèces cultivées semées au printemps (maïs, soja, tournesol etc.), la betterave fait partie des espèces ayant naturellement une très grande résilience au stress hydrique. Son système racinaire permet en effet d’aller chercher de l’eau en profondeur dans le sol et elle a la capacité de se « mettre en pause » lorsque les chaleurs et le sec sont trop importants. C’est ce que l’on observe l’été lorsque les feuilles s’affaissent lors des fortes chaleurs et se redressent la nuit avec la baisse des températures.
Cependant, lorsque les températures deviennent trop élevées et que la réserve en eau du sol s’épuise, il arrive que les couronnes de feuilles inférieures commencent à sécher puis à mourir, c’est à ce moment que l’on peut considérer que le sec commence à avoir un impact significatif sur le rendement. En effet, non seulement la croissance de la betterave est fortement réduite, mais lorsque les pluies arrivent elle puise dans ses réserves pour régénérer son bouquet foliaire, faisant ainsi diminuer sa richesse.
Le stress hydrique – comment réduire son impact sur le rendement ?
S’il est impossible d’agir sur les deux principaux facteurs influant sur le stress hydrique — la réserve en eau du sol et la climatologie de l’année —, il existe des leviers à mettre en œuvre en amont et durant la culture pour limiter son impact.
1. La préparation du sol
La qualité de la préparation du sol en vue d’implanter une betterave est primordiale pour bien des aspects du cycle de croissance d’une betterave sucrière, mais également pour limiter le stress hydrique. En effet, une bonne structure permettra à la racine de descendre rapidement en profondeur et ainsi d’accéder à une plus grande réserve en eau. À l’inverse, il faut éviter tout lissage du sol qui empêcherait un enracinement correct, entraînant des betteraves fourchues ou poussant hors du sol dont le système racinaire aurait plus de difficulté à chercher de l’eau en profondeur.
2. La qualité de semis
Dans la continuité de la préparation de sol, un semis de bonne qualité permet également de limiter l’impact d’un stress hydrique, particulièrement s’il arrive précocement. En effet, un semis dans une terre encore fraîche mais ressuyée, avec une profondeur homogène et un sillon bien rappuyé permettra aux jeunes plantules de rapidement piquer, et de chercher de l’eau dans des horizons rarement desséchés au printemps. À l’inverse, une plantule qui germe dans un sillon mal rappuyé ou avec peu de fraîcheur risque de se retrouver prise par le sec après avoir germé et de mourir par manque d’eau. Un semis précoce (tant que les conditions sont bonnes !) permet également de limiter l’impact d’un stress hydrique printanier en ayant une betterave déjà bien implantée et capable de chercher de l’eau en profondeur lors des premiers coups de sec.
3. L’irrigation
Cette option ne concerne évidemment que les exploitations ayant la possibilité d’irriguer leurs betteraves sucrières. Lorsqu’elle est possible, l’irrigation permet de stabiliser les rendements d’une exploitation en fonction des années, mais elle représente également un coût non négligeable. Il est recommandé de privilégier les apports précoces, qui seront bien mieux valorisés par la betterave. Au-delà de la mi-août, l’irrigation n’est plus économiquement intéressante dans la plupart des cas, cette dernière pouvant entraîner une baisse de richesse et les précipitations « naturelles » revenant généralement à cette période.
4. La date d’arrachage
Le changement climatique entraîne une occurrence de plus en plus fréquente d’étés et de printemps exceptionnellement secs et chauds, mais il a également pour conséquence d’avoir des automnes de plus en plus doux, ce qui permet une croissance continue de la betterave jusqu’à des dates très avancées dans la campagne. Ainsi, les parcelles les plus séchantes ayant généralement un ressuyage plus rapide (sable, craie, argilo-calcaires superficiels…), il est recommandé, dans la mesure du possible, de les mettre en arrachage tardif. Le gain potentiel de la croissance automnale compense en partie l’arrêt de développement estival, et ces sols séchants permettent plus facilement un arrachage en fin de période.
Choisir la bonne variété DE BETTERAVE
Comment RAGT travaille à développer des variétés plus tolérantes à la sécheresse
Avec le changement climatique en cours et l’intensification des périodes de sec durant le printemps et l’été, il est de plus en plus important de prendre en compte le risque de stress hydrique durant la campagne. Si le climat, le type de sol et les façons culturales sont les facteurs les plus importants pour limiter l’impact du stress hydrique, la génétique est également un levier de résilience avec certaines variétés qui sont sélectionnées pour leur meilleure tolérance au stress hydrique. Chez RAGT, nous avons depuis longtemps intégré ce critère dans notre sélection, et nos équipes de sélectionneurs travaillent pour toujours améliorer la tolérance au sec de nos variétés, tout en conservant une bonne productivité et une tolérance aux maladies.
1. La qualité de semence
Avant la tolérance génétique, la résilience au stress hydrique passe également par une bonne qualité de graine. En effet, les betteraves sont particulièrement sensibles au stress hydrique lors des premiers stades de développement et une levée rapide et homogène permettra à chaque plante d’avoir un accès rapide à l’eau et de moins souffrir des coups de sec printaniers.
Durant la préparation des semences de betterave sucrière, nous portons une attention particulière grâce à notre laboratoire interne Phenotest, à ce que chaque lot soit homogène, avec une bonne germination et surtout une forte vigueur de démarrage. Notre technique d’activation 3D+, appliquée systématiquement à toutes nos semences, permet également une levée plus rapide et plus homogène, permettant ainsi un enracinement plus rapide des jeunes plantules.
2. La tolérance génétique
Chez RAGT, nous avons identifié le stress hydrique comme étant un des principaux facteurs de perte de rendement en betterave sucrière à l’avenir, dans les zones non-irriguées. Ainsi, nous travaillons depuis de nombreuses années à identifier les génotypes les plus tolérants au stress hydrique, et à améliorer notre tolérance en continu, ce qui nous permet aujourd’hui de proposer des variétés de betterave conservant une très bonne productivité avec ou sans stress hydrique.
Pour arriver à ce résultat, et pour continuer à améliorer la tolérance de notre génétique, nous mettons en œuvre plusieurs leviers dans notre processus de sélection :
Un réseau d’essais en zone à stress hydrique, associé à des stations météo et des sondes mesurant l’humidité et la température du sol en profondeur, permettent de caractériser la performance des hybrides en fonction du niveau de stress hydrique. En sélectionnant les meilleurs individus, nous sommes ainsi capables de proposer des variétés ayant une tolérance supérieure au sec.
Des vols de drone réguliers avec des caméras de pointe, et notamment hyper-spectrales, permettent de caractériser l’évolution du comportement des hybrides face à des périodes de sec et de fortes chaleurs prolongées. Les images analysées avec l’aide de l’IA permettent de mieux comprendre la dynamique de réponse au stress hydrique des hybrides.
Des projets scientifiques dédiés en partenariat avec des instituts techniques et des universités comme le projet BeetAdapt en Allemagne qui combine recherche génétique, techniques d’édition du génome et imagerie par drone pour accélérer la sélection de variétés adaptées au changement climatique et à la sécheresse.
La tolérance au stress hydrique est un enjeu majeur pour la betterave sucrière, et un axe de travail principal de sélection pour RAGT. C’est pourquoi nous proposons aujourd’hui des variétés avec un niveau de tolérance supérieur au sec :
Segment rhizomanie
| Variété | Niveau de tolérance au stress hydrique | Période d’arrachage recommandée |
| ST YELLOWSTONE | Très tolérant | Début |
| ST LADURO | Tolérant | Début |
| ST BLANCO | Très tolérant | Début à milieu |
| ST BUDAPEST | Très tolérant | Début à fin |
Segment nématode
| Variété | Niveau de tolérance au stress hydrique | Période d’arrachage recommandée |
ST JOHANNESBURG | Très tolérant | Début à milieu |
| ST ROTTERDAM | Tolérant | Début à milieu |
| ST TREVIO | Très tolérant | Milieu à fin |
Conclusion : Sécurisez vos rendements face au stress hydrique !
En combinant des pratiques agronomiques ciblées — préparation du sol, qualité de semis et ajustement des dates d’arrachage — à l’innovation génétique RAGT (vigueur au démarrage Activation 3D+, sélection assistée par drone et IA), il est aujourd’hui possible d’atténuer significativement l’impact de la sécheresse sur le rendement et la richesse sucrière.
Face aux défis climatiques majeurs, le choix de variétés à forte tolérance au sec constitue un levier clé pour sécuriser et pérenniser la rentabilité des parcelles non-irriguées.
Vous souhaitez anticiper le risque de sécheresse et sécuriser vos rendements pour la saison prochaine ?
